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Jeanne d'Arc et la guerre de 100 ans

 

Cette guerre, ou plutôt cette suite de combats qui s'étirent entre 1350 et 1450, met en présence la France et l'Angleterre. Ces deux pays s'affrontent pour accéder à la succession du trône de France, devenu vacant après une série assez exceptionnelle de disparition des héritiers (cfr la série de romans Les rois maudits de Maurice Druon)
Au 14e siècle, l'Angleterre s'empare d'abord de grands territoires français. Mais grâce à Bertrand Duguesclin, la France a presque tout reconquis à la fin du siècle. Le combat reprend quelques années plus tard et voit de nouveau la France en très grand péril, surtout qu'un 3e partenaire est apparu. Il s'agit des ducs de Bourgogne, dynastie alors en plein essor.

C'est à ce moment, nous sommes en 1429, qu'entre en scène une toute jeune fille inspirée d'une force particulière, Jeanne d'Arc. Elle est née à Domrémy, village de Lorraine, en bordure de France. Convaincue d'être porteuse d'une mission divine, elle entraîne derrière elle une partie de l'armée royale, réussit à faire sacrer à Reims le dauphin Charles VII, avant d'être capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, alors qu'elle essaye de reconquérir Orléans. Jugée par un tribunal ecclésiastique comme sorcière (pour avoir porté des habits d'homme), hérétique (pour prétendre avoir eu des conversations avec les anges et les saints) et surtout relapse (pour être retombée dans ses mensonges après les avoir niés), elle est condamnée à être brûlée vive sur la place du marché à Rouen en 1431; elle a 19 ans ! Charles VII n'est pas intervenu. On a dit que le prestige de "la Pucelle" auprès du peuple et de l'armée lui faisait de l'ombre ...

Ce dessin est le seul portrait réel de Jeanne que nous possédions, Il fut dessiné sur un registre du parlement de Paris, à la date du siège d'Orléans, que relate le greffier. Celui-ci, comme son prédécesseur, avait coutume d'inscrire à son registre, outre les délibérations du conseil du parlement, les événements qu'il jugeait majeurs.
Cote du document : Centre historique des Archives nationales, Musée de l'Histoire de France, AE II 447. Références et commentaires apportés par Elsa Marguin-Hamon, Conservateur responsable des collections du Musée de l'Histoire de France au Centre historique des Archives nationales de Paris.
Lorsque la guerre prend fin au milieu du 15es, le pays est ravagé; les paysans ont cruellement souffert des combats et des pillages. La noblesse a vu aussi ses rangs s'éclaircir. Les marchands ont dû se créer d'autres chemins pour éviter les belligérants. Tout le monde aspire à la paix, presqu'à n'importe quel prix. On se trouve alors dans une situation où l'insécurité constante appelle un pouvoir fort, capable de rétablir l'ordre. Ce sera la chance de Louis XI et de ses successeurs. la France entame pour près de deux siècles sa marche vers la royauté absolue.
Soulignons qu'il s'agit là d'une des constantes de l'Histoire : insécurité et apparition d'un pouvoir fort vont souvent de pair. Cette sécurité retrouvée nécessite alors en échange une part de liberté. Il faut s'en souvenir lorsqu'on parle de politique sécuritaire: il s'agit bien de renforcer le contrôle de la société par une législation qui augmente le pouvoir des forces de l'ordre et des moyens de surveillance, diminuant ainsi les libertés individuelles. Ce peut être un choix délibéré d'une démocratie en situation de crise, mais le citoyen doit en être conscient et veiller à ce que cette augmentation du contrôle ne persiste pas au-delà des circonstances qui l'ont rendu nécessaire.

 

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